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Qu’en est-il des services internet gratuits

Si seulement c’était vraiment gratuit …

Tout comme vous, vos enfants reçoivent des spams (aussi parfois appelés pourriels en français) sur leur adresse e-mail, voient apparaître des bandeaux publicitaires sur les forums internet ou sont envahis par la publicité lorsqu’ils chattent. Vous avez déjà très certainement parlé bien sûr avec vos enfants de ces courriers indésirables, des campagnes publicitaires online et de la manière dont tout cela se passe. Il ressort de plus en plus que la publicité axée sur les jeunes prend des formes de moins en moins visibles et de plus en plus subtiles.

Les marketeers suivent les habitudes médiatiques des jeunes de très près et y réagissent très habilement. C’est ainsi qu’on sait que les jeunes s’en foutent complètement des bandeaux publicitaires qu’ils effacent, sans hésiter un seul instant, des spams aussi et qu’ils sont fans des services online gratuits. Les médias classiques tels que la tv, la radio et les journaux ont été remplacés par les services internet gratuits. Les plus populaires sont sans aucun doute les sites web qui permettent d’écouter gratuitement de la musique (p. ex. www.last.fm) ou qui proposent des jeux en ligne gratuits (p. ex. www.freegamesjungle.com, www.benz.be, www.funnygames.be). Mais, sur internet, on trouve aussi de nombreux autres “freeware” en tout genre. Interrogez vos enfants à ce sujet et vous serez sans doute étonné de leur réponse. A côté de cela, les jeunes utilisent aussi massivement leur gsm et les sites de réseaux sociaux, tels que Facebook et Netlog. Tous ces services ont une chose en commun : ils sont gratuits, ou du mois leurs coûts sont facilement gérables (p. ex. carte de gsm prépayée).

En ce qui concerne les jeux, on constate une véritable conquête des “advergames” et de l’“in-game advertising”. Ces jeux contiennent des messages commerciaux derrière lesquels les jeunes ne détectent pas ou détectent plus difficilement les objectifs commerciaux de ces sites.

Comment font-ils ? Lorsqu’un jeune veut utiliser un service gratuit, il doit se connecter et créer un mot de passe. Pour le faire, il doit introduire une série de données à caractère personnel, p. ex. un nom d’utilisateur (souvent un pseudonyme) et son adresse e-mail. Pour y avoir accès, il doit aussi automatiquement se déclarer d’accord avec les conditions d’utilisation et la politique de protection de la vie privée du fournisseur du service. Souvent, le jeune met aussi son profil sur Facebook ou Netlog p. ex. où il donne plus d’informations à caractère personnel encore.

L’anguille sous roche …

Dès que le jeune utilise le service gratuit, il est invité à cliquer sur d’autres sites web (p. ex. un cd-shop online ou des fournisseurs de jeux, des sonneries pour téléphone, les horoscopes, des quizz, …). Ces propositions lui parviennent par le biais de techniques publicitaires appliquées sur le site web à proprement parler mais aussi par le biais de ce qu’on appelle le marketing viral. Ce dernier est particulièrement efficace parce que son mécanisme consiste à encourager les amis des uns et des autres à s'inviter à utiliser un service ou à jouer à un jeu donné (ils ont déjà cette application qu’ils trouvent géniale et demandent à leurs amis s’ils veulent aussi en bénéficier). L’objectif du marketeer est ainsi atteint sans heurt et de manière très subtile. Il peut ensuite utiliser les données à caractère personnel pour les traiter, les revendre ou les communiquer à ses partenaires et éventuellement à d’autres personnes intéressées dont l’objectif est précisément de proposer des produits aux jeunes.

Bien sûr, la publicité n’a rien de mauvais en soi et beaucoup de jeunes trouvent que c’est une chouette manière pour apprendre à connaître de nouveaux produits. Ils ne voient pas toujours l’anguille sous roche. Ils ne pensent généralement pas que les données qu’ils donnent au moment où ils se connectent ou au moment où ils créent leur profil sont utilisés à des fins commerciales. Ils se rendent trop peu compte que toutes les données qu’ils mettent en ligne prennent vie, une vie autonome et une vie qui peut être longue, très longue.

Se connecter de temps en temps, qui s'en soucie ?

Et bien précisément, les marketeers, bien sûr. Mais en quoi ces quelques données peuvent-elles vraiment leur être utiles ? Si vous ne le voyez pas, soyez rassurés, eux ils les trouvent très utiles. Même si votre enfant agit de manière responsable, qu'il n’utilise pas son propre nom d’utilisateur et qu'il crée une adresse e-mail temporaire, il laisse néanmoins des traces numériques que peuvent traiter, sur le plan commercial, les fournisseurs de services.

De quoi parlons-nous ?

  • L’adresse IP est pratiquement systématiquement traitée.
  • Le comportement utilisateur du jeune est enregistré dans des logfiles. Dans ces fichiers, on retrouve entre autres les informations suivantes : le type de navigateur (p. ex. Microsoft Internet Explorer), le nom du fournisseur de services (p. ex. Telenet, Skynet, Belgacom), l’utilisation de pages de référence et de sortie, la date et l’heure de la visite, les données sur les clics effectués.
  • Les cookies permettent, eux, de conserver des informations détaillées sur l’utilisateur : par exemple le nombre de fois qu’il visite un site web, les rubriques qu’il ignore systématiquement et celles sur lesquelles il clique systématiquement ou souvent aussi. Ces informations permettent à l’annonceur de dresser le profil de vos enfants (ou le vôtre !!) et de proposer de la publicité qui se situe dans la sphère d’intérêt de chacun ou justement de ne pas en proposer qui serait susceptible de ne pas intéresser les utilisateurs. Même si le navigateur efface les cookies, de nombreux navigateurs n’effacent pas ce que l’on appelle les “flash cookies”. Ces flash cookies ont pour caractéristique de rétablir les cookies dans leur ancien état ou de les refaire. On pourrait presque dire que les annonceurs utilisent les flash cookies pour espionner les utilisateurs. Hélas, de nombreux utilisateurs ne savent même pas que les flash cookies existent.

Ce que nous en retiendrons …

  • Le devenir des données que l’on place sur le net au moment où on se connecte n’est pas toujours évident.
  • Par le biais des visites sur les divers sites web, les annonceurs arrivent à connaître nos comportements de navigation et d’utilisation. Ils apprennent ainsi à nous connaître, notamment via notre adresse IP, les logfiles, les cookies et les flashcookies.
  • Les informations qu’on poste sur les walls et tableaux d’affichage sont des informations publiques, qui ne demandent qu’à être utilisées par les annonceurs.
  • Les informations personnelles mises en ligne par les différents intéressés sont utilisées à des fins commerciales.

Mais retenez surtout ceci: un internaute averti en vaut deux

On ne peut rien reprocher à une publicité ciblée. Soyez toutefois conscient que les fournisseurs de services gratuits savent parfaitement à quelle fréquence et combien de temps vous consultez quelles informations et à partir de quelle adresse IP. Cela a des avantages et des inconvénients au niveau de la vie privée. D’une part, cela mène à recevoir des publicités plus pertinentes mais, d’autre part, cela revient aussi à ce que nos données à caractère personnel soient traitées et il n’est pas toujours évident par qui et à quelle fin elles sont utilisées.

Conseil

Parlez-en à vos enfants de sorte qu’ils puissent faire leur propres choix en toute connaissance de cause et se demander avant de communiquer des informations qui les concernent, s’ils veulent vraiment communiquer leurs données à caractère personnel.

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